Pensées, Soir & Pierre
Pensées
Voir une ancienne amie fumer m’a brisé le cœur, je me suis rendu compte que les gens évoluent et qu’ils peuvent s’autodétruire sans que je puisse les en empêcher. Avant, avec cette amie on formait un monde, chaque rencontre est un big bang, une création d’univers, qui évolue au fil du temps. Si on prend soin de cette relation, cette petite parcelle de bonheur, si on fait attention à l’équilibre de sa biosphère, alors elle ne peut que grandir, fleurir et s’animer. Se renforcer, se construire. Mais si on délaisse cette planète, ou si on la fait subir en force et à répétition des catastrophes naturelles, alors elle est détruite. Nos cercles sont donc des créations successives d’univers infiniment différents et évoluant continuellement. On ne peut s’apparenter à des dieux ou des déesses puisque, faisant indubitablement partie de ces univers, nous sommes alors une planète, une étoile, une comète, selon votre préférence ou évolution de vie. Et en tant que planète, telle la terre, il est de notre devoir de d’abord s’auto-suffire, avant de se donner à d'autres univers. J’entends par là que nous devons faire évoluer notre planète intérieure, la faire grandir, fleurir, l’aimer, l’aider, la regarder, en prendre soin de sorte que, même si elle reçoit des météorites, même si elle subit des tsunamis, des séismes, des éruptions, on soit là pour la reconstruire.
Et notre but à nous, outre que notre planète soit resplendissante et puisse flotter seule dans l’univers sans dépérir, est de construire notre aimant. De savoir ce qui est attirant, chez nous et chez l’autre, et de savoir ce qu’on veut attirer.
Vouloir être un soleil qui attire toutes sortes de planètes donne un risque de brûler sans vouloir et d’être étouffé par le nombre d'entités voulant flotter constamment autour de nous.
Vouloir être une lune, qui réconforte constamment les autres étoiles quand elles sont dans le noir et ne pas briller de sa propre lumière, n’est pas non plus un sort enviable.
Contentons-nous d’être cette étoile, qui parmi ces milliards d’autres étoiles, est unique et donc banale. Construisons nos univers et admirons ceux des autres sans vouloir de manière compulsive y accéder, tout simplement parce qu’ils semblent plus brillants. De planètes, faisons une voie lactée, puis un amas de galaxies qui durera une seconde avant de se dissoudre afin d’en créer d'autres. Encore et encore, toujours plus différent, toujours important, toujours mouvant, toujours fluctuant.
Soir
Le soir,
la ville se reflète dans un miroir,
je sors dans le noir,
le sourire aux lèvres,
un goût de liberté,
aux risques de me faire agresser.
Je devrais assumer, je le sais.
“C’est ma faute”, voilà ce que je dirais.
Et tous ceux qui voudront me le faire croire…
Le soir,
un spray dans la poche,
mes clés dans la main,
légitime défense,
je devrai peut-être le plaider demain
mais ça dépendra des circonstances,
Je dois d’abord me laisser frapper.
Le soir,
apparaît la porte d’entrée,
ma boule d’angoisse disparaît,
j’ai survécu à cette nuit,
un jour de plus où je serais en vie,
mais pour demain,
mon sort est encore incertain.
Pierre
Quelles sont belles ces dames,
Qui brillent par leurs intelligences,
Qui tournent lentement afin d’entrer dans la danse,
Quelles sont belles ces dames,
Qui font admirer leurs parures,
d’or, de perle et d’argent,
afin de capter toute l’attention des passants,
Quelles sont belles ces dames,
froides comme la glace,
se montrant avec audace,
derrière la vitrine teintée de blanc,
quelles sont belles ces dames,
bleue, verte, rouge écarlate,
nos regards se noient dans les reflets
d’Ambre, de Jade ou d’Agate.
Quelles sont belles ces dames,
précieuses et polies,
pour qui le sourire n’a pas de prix,
baignées de lumière tard dans la nuit,
Quelles sont belles ces dames.