Poèmes du mois
Mon Ange se nomme Lueur
Du poison au bout d’un geste – Cela pour retenir la vie
La vague en volant le ciel vogue, ravie
Et ce qui s’écoule vient se glisser – entre ses phalanges
Nage, Lueur, sous les prémisses de l’Océan ;
A la surface des sens il s’étend,
Porté par le souffle, sur ta main. Oui, l’ange
Meurt mais il naîtra, lié au jour comme
L’essence, la mer, le rivage, l’âge d’or, la fin.
L’illusion, l’éclat, Lueur, ton parfum
Vague embaume de vie la danse des hommes.
Vieille, lueur, n’aie crainte de t’éteindre
Le temps de l’air viendra t’étreindre…
Le chant des inconnus
Beau qui viens me chercher
Aux abords d’une rue
Parisienne nichée
Aux abris étendus
Je te guette et j’attends
La silhouette en fumée
Qui se retourne à temps
Le cigare allumé
Les pavés écorchés
Reflètent à l’eau de pluie
Les manières de tes nuits
Que la lune accrochait
Mystérieux entourage,
L’ambre de tes pupilles
Rivées à mes résilles
Gravent de bleu l’orage
Illustration par Fée (@fee.isdreaming)
Esquisses
ton écorce
de sa lame habile trace
sur ma peau
dure, acide
l’empreinte du diable
*
Où je me réveille j’ai voulu mourir
L’espoir m’a reposée un temps
Son art de fleurs vient me couvrir
On meurt du rêve d’un autre instant
*
Le style habille le fond du mensonge ; c’est sans doute pour se priver de l’or qu’on vit de l’argent.
Le silence de ce bruit
Je suis la rose éprise des ronces
L’once songeuse que tout effleure
Je suis l’éclosion du rêve en l’imaginaire
La conviction en l’idéal, je suis l’incertain
Le tremblement des feuilles et du réel
L’hiver qui joue la comédie du soleil
Je suis une ombre, celle qui me suit
Un salut de poussière ou de marbre
Toucher ! C’est atteindre. Ou l’impossible ?
Je m’épuisais autrefois - quand j’avais le Temps – à m’évanouir du tournis, menant mon être en rotations interminables sur lui-même. Si ce vertige demeure la signature de chaque vérité cadenassée, je m’épuiserai alors à chercher la clef pour répandre une lumière nouvelle au clair de tes yeux gris.
Toi que je regarde, ne coule pas au fond des abysses mortelles ! Toi qui viens de cet ailleurs dont on rêve la nuit, en même temps que l’on bat des ailes, ne te jette pas !
J’aimerais d’abord, un tout nouveau matin, te montrer les verdoyants alpages du mois de juillet ; que l’on s’enlace insolemment, au rythme des pulsations de nos cœurs dérobés à l’éternité, avant de s’étendre sur une herbe chaude et humide qui émouvrait même nos peaux nues.
Le grand soir venu, on se rafraîchirait à la source d’un ruisseau, se parlant du long fleuve, du courage des vivants, des arts célébrés et des routes encore intrigantes.