Poésie : Eaux troubles
Une grille bâtie par les insipides doutes
Que mon être évanoui m’a chuchoté en douce.
La crainte des autres cicatrise mon âme,
Sculpte mes actions terribles ou banales.
J’en délaisse un carré de personnalité
Pour me défaire certes, d’une vision erronée
À laquelle je m’étais naïvement attachée.
Je parle bien ici, d’incongrus préjugés,
De perception brisée, de paroles prononcées.
Mais accablée, je cède les images expressives
Dont mon corps marionnette ne veut pas qu’on le prive.
Il reste toutefois le sourire avide,
En quête d’acceptation du juge omniprésent.
Il s’oublie finalement dans l’ombre des prescripteurs,
Ment à la vérité et se noie dans la peur.
Déchiré, il efface ses traits qui déplaisent
Et avec virulence ses émotions se taisent.
Il n’est plus qu’écrasé par sa timidité,
Qu’importe sa volonté puisqu’elle est enchainée.
La satisfaction de soi est un mirage espiègle
Qui pour se faire demande l’approbation d’un tiers.
Le Je se transforme, les règles du jeu aussi.
L’individualité est un concept docile.
Désiré terriblement, on ne peut s’en résoudre.
Dans cette société, mon caractère est double.